Céramyc




J'ai réalisé à ce jour environ 160 espèces de champignons que je mets en vente soit nus ou montés sur socle habillé de matériaux naturels, respectant le biotope des espèces (qui peuvent être panachées). Chaque pièce est unique, mélange de modelage et de sculpture, fabriquée à main nue. Mes outils et techniques resteront secrets dans leurs grandes lignes. Mes pièces moulées sont également uniques parce que réalisées à l'unité et reprises individuellement.

Les couleurs sont l'acrylique que je dilue à l'évier pour obtenir des nuances dans les tons. Diverses gouges me permettent de reproduire les traces d'incisives de rongeurs et j'ai réalisé des moulages de limaces rouges (en fait l'Arion roux, A.rufus, qui est un escargot sans coquille, pouvant être aussi brun ou noir). Rassurez-vous, je ne les ai pas moulés vivants mais modelés en terre. Ils apportent le petit plus à mes compositions, lorsque l'Arion et les champignons se côtoient.


Mais revenons à nos pieds-de-mouton !
L'argile utilisée est la pâte à grès, la barbotine pour le moulage. Toutes les pièces sont cuites en une fois à 980° dans un four électronique Enitherm E12-D3-P (petit feu : 6h, grand feu : 15mn).
Les champignons à lamelles décurrentes ou à plis sont réalisés d'une pièce, au contraire des Boletus ou Amanita dont le pied est détachable du chapeau (pardon, stipe et sporophore !), et sont cuits séparément. Imaginez le casse-tête après cuisson pour retrouver qui va sur ou sous quoi... Et si la cuisson ne pose pas de problème majeur, les accidents pour les grosses pièces ne sont pas rares d'où un gâchis de travail et de matière. Après avoir récupéré les couples pieds+chapeaux, ils sont peints puis assemblés avec de la colle à bois (de type Sader) idéale pour une matière poreuse comme la terre cuite et très efficace (4kg de pression au cm2). Une fois en place, sur socle ou nus, à l'abri d'une chaleur intense et de la pluie qui feraient moisir lichens et bois, et décolorer les couleurs, vous pourrez garder et admirer vos champignons des dizaines d'années, y compris en extérieur (la céramique est une matière très dure, utilisée en robinetterie et dans l'aérospaciale).
J'ai fait des tests de résistance au froid dans le rayon "surgelés" d'un hypermarché à -18° (non valable pour les espèces en coupes comme C. cibarius ou C. cornucopioides, qui recueillent l'eau de pluie et s'exposent au gel et... la grêle, qui leur seraient fatale !).

Photos Benoît Peyre, mycophotographe.

Et voilà pour une mise en bouche !

Et encore...

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